10/02/2015

Pierre-Olivier Cappello, sculpteur de contrastes


Sans titre, 90 cm de hauteur, fine de Noyant, 2015


Pierre-Olivier Cappello est un artiste sculpteur sur pierre, originaire de Picardie, qui réalise des structures abstraites élancées, d’une matière parfaitement lisse, dont les lignes contrastées créent de saisissants effets d’ombres et de lumière. La majeure partie de ses sculptures sont réalisées en « fine de Noyant », pierre dure typique de la région picarde : « j’ai la chance d’avoir accès aux chutes de tailles d’une carrière où je suis autorisé à me servir librement, j’ai donc accès à un stock de 55000 mètres cubes de pierres de tous formats. A l’aide de ma gradine, ma gouge, ma râpe et surtout de ma massette, que je considère presque comme le prolongement de ma main, je m’efforce de réaliser des structures nettes et esthétiques ». Le dynamisme flamboyant de ces sculptures réside dans ce jeu de contrastes de formes creuses ou saillantes, rondes ou angulaires, qui valorisent l’aspect poli de la pierre blanche, difficilement reconnaissable. Celle-ci voit sa matière entièrement contrôlée par l’artiste, qui s’approprie et modèle sa texture à son gré, dans une totale maîtrise technique.



Sans-titre Hauteur: 30 cm, largeur: 100 cm, pierre de Noyant demi-dure, 2012


 Sans-titre, hauteur: 20 cm largeur: 40 cm, Pierre de Caen, 2015

 Pierre-Olivier Cappello affirme avec humour avoir toujours été fasciné par les pierres : « Enfant, tailler des silex était pour moi une obsession », néanmoins c’est durant sa formation de préparation aux beaux-arts, qu’il suit à Saint Quentin, que se déclenche sa passion pour la sculpture sur pierre : « Devant les outils et la pierre je me suis tout de suite senti à ma place, dans mon élément naturel ».  Il passe alors une année de compagnonnage à apprendre les rudiments de la taille de pierre, notamment auprès de la fédération compagnonnique des métiers du bâtiment de Soissons. C’est au cours de cette année qu’il apprend à dompter la pierre en forgeant sa maîtrise technique dans la plus grande minutie : «  J’accorde beaucoup d’importance aux finitions. Je cherche à présenter une surface lisse à l’aspect achevé, qui ne laisse voir aucune trace du travail effectué ».



Sans-titre, 20 cm de haut, fine de Noyant, 2014


Ses premières œuvres, très techniques et complexes, évoquent des dentelles de pierres. Puis, au fil des années, Pierre-Olivier Cappello valorise davantage les structures et opère un processus d’épuration des formes : « Je tends maintenant vers le plus simple, le plus direct. Il n’y a pas de hasard dans l’aspect final de mes sculptures, j’ai une vision précise du modèle en tête. Je transcris dans la pierre une image mentale tout à fait précise, que je dessine de manière schématique en une aberration de la forme pour n’en garder que l’essentiel. Je garde tous ces dessins dans des carnets, ce qui me permet de suivre l’évolution de mon travail dans le temps et de prendre du recul sur le cheminement de ce processus».



Sans-titre, 60 cm de haut, fine de Noyant dure, 2008


Lorsqu’on porte un regard global sur le travail de Pierre-Olivier Cappello, la grande diversité des formes qu’il produit interpelle. Il est difficile de repérer des thèmes ou des motifs récurrents, des séries ou même de réaliser un examen stylistique. Cet aspect insaisissable est encore exacerbé par l’absence de titres, qui laisse le spectateur entièrement libre de l’interprétation qu’il veut associer à l’œuvre : « J’ai choisi de ne donner aucun titre à mes sculptures afin de laisser le spectateur extrapoler le fruit de mes images mentales et que chacun puisse y voir sa propre symbolique. Cependant, deux pièces font exception : je les ai réalisées successivement pour la naissance de mon fils et de ma fille ; d’abord  ‘ Bienvenue à Elliott ‘, que j’ai présentée à ma première exposition personnelle, un an après sa naissance, et ‘ Pour Nina ‘, qui n’est pas encore achevée. »



Sans-titre, 55 cm de haut, fine de Noyant, 2001


 La cohérence du travail de l’artiste ne se limite cependant pas au support de la pierre et on décèle un axe directeur de recherche autour du rythme et de l’harmonie des lignes. « Je cherche à constamment renouveler les formes que j’exploite, néanmoins mon travail s’oriente à partir de trois axes différents : l’esthétique, l’équilibre et la proportion. » Si les sculptures de Pierre-Olivier Cappello sont toujours abstraites, elles présentent parfois, à la manière d’Henry Moore, des lignes évoquant des corps, des fétiches, des totems ou encore des éléments architecturaux: «  Je m’inspire de manière suggestive de plusieurs thèmes, en particulier du corps humain, aussi bien féminin que masculin, et j’essaye de cristalliser mon regard sur la courbe et son esthétisme dans mes œuvres ».



Sans-titre, 50 cm de haut, pierre de Tervoux demi-dure, 2000


L’éclairage de l’oeuvre  possède, à n’en pas douter, une grande importance pour l’artiste, qui met souvent en scène ses sculptures sur un fond noir, dans une semi-clarté, de manière à révéler pleinement leurs reliefs. Parfois, il va jusqu’à intègrer la source de lumière à ses oeuvres en réalisant des lampes de pierre dont les formes se dynamisent une fois l’ampoule allumée : « Je considère que forme et lumière s’additionnent, je travaille toujours dans une semi lumière, car la pleine luminosité écrase les volumes. Au contraire, la lumière tamisée révèle l’absence d’aspérités de la matière, ce qui possède une grande importance à mes yeux : pour que je sois satisfait d’une œuvre, le travail de ponçage est presque plus important que celui du taillage. Quand je réalise une lampe, je cherche à la fois à créer une œuvre d’art et de design, il s’agit d’un détournement de l’objet pratique, d’une exploitation de la portée esthétique de sa fonctionnalité, à savoir l’éclairage».



Sans-titre, 30 cm de haut, fine de Noyant, 2002 



Sans-titre, hauteur: 25 cm longueur: 50 cm largeur: 15 cm, fine de Noyant demi-ferme, 2015


Les sculptures abstraites de Pierre-Olivier Cappello combinent des formes élégantes et dynamiques à des jeux de lumière sur la matière lisse et mate de la pierre picarde. Le résultat, particulièrement esthétique, dégage un aspect mystérieux, insaisissable, qui stimule l’imagination du spectateur, intrigué par l’absence de titre pour diriger son interprétation. J’engage vivement le lecteur à se renseigner davantage sur le travail de Pierre Olivier Cappello en se rendant sur les pages suivantes :





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